Libéral de salon : sale con de libéral

Je n’ai jamais rencontré de libéral qui ne soit un idéaliste ou un imbécile.

Je parlerai ailleurs des libéraux idéalistes – ceux qu’un quotient honorable et des connaissances respectables rangent réellement, et sans que cela soit autoproclamé ou autotrépigné – dans l’école libérale.

Aujourd’hui, deux mots sur les libéraux de salon – parce qu’il y en a, comme il y a des chiens de salon.

Le libéral de salon ? Ce type qui, parfois mais pas toujours chef d’entreprise, éventuellement médecin, notaire ou huissier, parfois PDG même de très grande entreprise, mais toujours en chemise bleu clair, vous pourrit un réveillon  en geignant sur ses impôts – mais en geignant sur le mode savant, s’il vous plaît : « jusqu’à quand va-t-on continuer à taxer la création de valeur ? ».

Comme les mêmes vocifèrent toujours contre la taxation du patrimoine, on en déduit qu’ils sont contre l’impôt, et, lorsqu’on les soumet à la question, (comprenez : si on les force à penser au-delà du « c’est-de-la-faute-des-socialistes »), ils finissent par des propos de haute tenue qui reviennent à : si on laissait faire le marché, tout irait mieux.

Magie de la maïeutique ou efficacité de la gégène : oui, le cerveau invisible du libéral de salon peut redécouvrir la main invisible d’Adam Smith. O extase.

Extase, mais sottise. Lire la suite

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En parlant de parasites…

Mais que voilà une bonne question.

« M. Alain Suguenot attire l’attention de Mme la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes sur la dette des ressortissants étrangers et des membres des ambassades auprès de l’assistance publique-hôpitaux de Paris. Un récent rapport de la direction de la commission médicale d’établissement a établi à plus de 118,6 millions d’euros le montant de cette dette. Alors que depuis plusieurs décennies, des mesures sont prises pour combler le déficit de la sécurité sociale, et que certaines de ces mesures impactent les revenus des assurés français, ces sommes indues et le déficit en résultant sont indécents. Aussi lui demande-t-il ce qu’elle compte entreprendre pour s’assurer du règlement de ces arriérés. »

Bien sûr, une piste serait de ne pas délivrer de soins qui n’aient été réglés d’avance.

Évidemment, on serait intéressés d’avoir la liste des pays en question.

Assez comique, le point auquel un diplomate est, le plus souvent, une merde inférieure.

Il y aurait d’ailleurs lieu, à l’heure d’une facilité de communication totale au plus haut niveau des États pas moins qu’ailleurs, de se demander quelle est l’utilité réelle de la plupart des postes occupés par le corps diplomatique mondial – autre, bien sûr, que de fournir des planques douillettes en rétribution de services rendus et de léchouilles plaisantes. A noter, pour le jour où l’on voudra vraiment réduire les déficits publics.

 


Source : http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-89032QE.htm

 

Trop forts, trop faibles

« Chacun de nous doit comprendre qu’il est responsable devant la terre. Celle-ci ne pourra nous héberger que si nous devenons et décidons d’être des adultes responsables de leur planète. Voici un siècle, il aurait été impossible de demander aux hommes de parvenir à cet état de conscience. (…) De faibles que nous étions, nous sommes devenus forts, trop forts même devant la nature, mais nous avons gardé une mentalité de faibles ».


Claude et Lydia Bourguigon – Le sol, la terre et les champs, pour retrouver une agriculture saine, 2e édition, Paris : Editions sang de la terre, juin 2015, 245 p.

Ce qu’on fait de nos vies…

« quatre-vingts ans dans la vallée du Yaak River. Quand on songe à tout ce qu’elle a raté ! Mais quand on songe aussi à tout ce qu’elle a vu et que le reste du monde a raté. »

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Rick Brass – Winter, notes from Montana – 1991 – traduction française par Béatrice Vierne © Ed. Hoëbeke 1998

Do

Parmi les leçons japonaises, le shinto m’est la plus écrasante, qui garde leurs dieux aux choses du monde. Avoir maintenu l’effort à l’âge industriel* est peut-être le privilège d’un peuple encore assez jeune pour se redresser et échapper à ce qui fut notre erreur première : l’opposition vaniteuse entre nature et culture.

Opposition fausse mais chez nous tellement métabolisée, et de surcroît à présent pénétrée de cet individualisme consumériste qui corrompt tout, que sont d’emblée voués à l’échec les efforts de la wicca pour renouer avec autre chose.

Il faudrait repartir à zéro.

Au premiers temps, aux premiers temples. Et rebâtir des sanctuaires, honorer les dieux. Tout en haut de la liste, ceux qui nous tolèrent et façonnent notre forêt – les kodamas : abeilles, batraciens, strigiformes, chauve-souris.

Puis tout ce que commercialise la putasserie ambiante. Les montagnes, les arbres, les semences, les sources et les mots.


* Minamata, Fukushima etc. ne sont pas des « contre-exemples ». Ces terres sinistrées témoignent seulement de ce qu’à côté de ce maintien, existe une tendance, un monde qui change, une âme qui se perd. Ce sont aussi autant de plaidoyer pour, littéralement, un retour aux sources.

Archipels spirituels

Magie des archipels. Dans leur isolation les terres rares s’y abrutissent du ressac et du vent : le temps s’y suspend. Ou s’y assume, ce qui revient au même.

Tout ce qui y parvient n’y parvient que filtré, assourdi, abstrait. Et plus on s’éloigne, moins fortes sont les contaminations – les traces, les éraflures du concret continental.

Sans doute, le Japon n’était pas assez loin pour se préserver totalement ; mais cela lui aura permis de toucher à la quintessence en quelques matières où se fonde pleinement l’idée d’une supériorité japonaise. Le gyoza, le sabre, l’ikebana : des exemples, il y en aurait d’autres.

Mais aussi des exemples comme : des leçons de hauteur.

Les « grandes » familles

Nous avons en France, parmi les gens très bien, ceux qui « haut placés », dans les conseils d’administration de la « haute » finance, dans les « grands » corps de l’Etat, proviennent de « grandes familles » avec de « grand noms » ; des qui tiennent le « haut du pavé » depuis des siècles.

Toute cette grandeur. Si loin au dessus de la fange. Ça donne le vertige.

Soit, mais il y a autre chose qui donne le vertige.   Crénom, en 600 ou 700 ans, combien de vestes retournées, combien de bottes léchées, combien de culottes baissées ? Pour ne rien dire des servantes troussées, des secrétaires martyrisées, des subalternes consternés. (Sans doute, il doit bien y avoir des exceptions : je les cherche encore)

« Grandes » familles ? Comme dirait le petit sage vert si la question lui était posée : nul par la putasserie grand ne devient.

Note incidente : De ces générations entières de putes, sans doute faut-il déduire que la veulerie courtisane est héréditaire.

Se méfier des grands noms. Ils puent la syphilis.

Rêver la métamorhose d’un zen d’occident

Tentative d’exploration propos inévitablement sans à propos, faute de mots qui puissent adéquatement agir.

Où le bouddhisme médite, il s’adapte – à moins, en fait, que la méditation ne s’adapte, là où s’implante le bouddhisme. Le dhyāna fut hindouiste en Inde ; le chan, taoiste en Chine ; et le zen, enfin, épuré et Shinto, au Japon.

Il faudrait une science que je n’ai pas ce pour mesurer dans quelle mesure Suzuki et Deshimaru ont ou non entamé le début d’une adaptation ; mais il me semble qu’il reste du chemin. Le zen reste japonais, nous demeure étranger, exotique, peut-être « oriental ».

Je suis toujours surpris de voir des français chanter le Hannya Shingyo sans en connaître la traduction, ou, ce qui n’est pas très éloigné, en en connaissant la traduction mais – en raison de l’obstacle linguistique – de telle sorte que le chant et la mobilisation des connaissances relatives au sens du chant peuvent être, et sont, deux opérations distinctes.

On dira, certainement avec pertinence, que le grand écart intellectuel entre orient et occident offre au pratiquant les plus beaux des koâns, autant de brèches dans la construction linguistique des phénomènes.

On dira, sans doute à « raison » (si ce n’est patauger encore dans la dualité), qu’après tout le sens du chant, la connaissance ne sont rien, l’essentiel étant de simplement s’asseoir – mais en ce cas, pourquoi encore maintenir (pourquoi encore s’attacher à) la référence à l’école ?

On dira peut-être enfin que vaincre, par l’étude et la pratique, l’obstacle linguistique et culturel fait aussi partie des efforts de la voie. Mais depuis quand dans le Mahayana, l’érudition serait-elle un pré-requis à l’éveil ?

Va pour le Koan. Lost in translation ? Good for you ! Mais on ne m’enlèvera pas de l’esprit que « l’esprit du zen » – je préfèrerais dire : son essence -« l’absorption »- saurait encore s’adapter à l’occident.

Identités II. – Cartographie par les prédicats

Deuxième essai, nouvelle tentative. Sur les faibles acquis précédents et avec plus de méthode.

1. « Je », donc : du corps et des coups pris dans une pluralité de groupes imbriqués, des toiles d’appartenance multiples. A la croisée de cultures ; de subcultures ; de micro-cultures ; de milieux sociaux ; d’habitudes de groupe ; de névroses familiales.

1.1. Le tout façonnant l’esprit ; c’est acquis. Le corps, peut-être aussi, un peu – il faudra y revenir, bref. Mes cultures me font.

1.2. Mais la réciproque n’est évidemment pas moins vraie.

Car, l’individu n’est pas pour ces influences un réceptacle neutre. Il sélectionne, choisit, fait son marché sur les rayons – surtout dans un monde où la culture faite produit se consomme. Plus ou moins dominé par son système limbique, plus ou moins enclin aux découvertes, aux innovations.M’orientant dans les cultures, je les oriente avec moi.Rien ici de figé.

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Identité I. – Évanescentes poupées russes

Impérativement, à toute heure et en tout lieu – même et surtout en bonne compagnie, dans les moments d’euphorie, avec ceux auprès desquels l’on sent bien -, se méfier des proclamations, du « nous », des codes vestimentaires, des symbole d’appartenance.

Culture ? Sub-culture ? Rien n’est plus évanescent.

Pour preuve : trouver des frontières n’est pas aisé. Des poupées, « russes », les fourbes, pour à dessein obscurcir le propos : patois locaux, épopée nationale, république européenne des lettres, Europe catholique, chrétienté. Sans parler des influences, des métissages – ah, ça tousse au fond à droite, peu importe. Relire Baltrušaitis par exemple pour voir d’où viennent nos grylles médiévales ; ou Etiemble sur l’Europe Chinoise invitée par les Lumières ; et encore, Kurt Flash sur les influences Arabes de la pensée médiévale…

Alors quelle serait l’échelle ? Quelle, l’allégeance prioritaire ? Tout, sans doute dépend du sujet et l’interlocuteur. Occidental quand il est asiatique, Européen, quand il est américain, français quand il est allemand, chrétien quand il est musulman, parisien quand il est provincial, amateur de rock quand il écoute du rap, mais amateur de rock gothique s’il écoute du rock …

« Multidimensionnelles » en plus d’être multiscalaires (‘ça claque, le mot multiscalaire, dommage que ça ne parle pas de poissons), les matriochka s’emboîtent mal. Quel est l’ami, quel est l’autre ? Avec le proche souvent survient la différence – et l’esprit de contradiction toujours accélère la tendance; avec l’étranger, parfois jaillit une proximité, ou d’un malentendu peut-être naît cependant un champ de possibles, de rapprochements féconds, une source d’inspiration, une lumière pour l’interprétation : tout dépend du sujet et de l’interlocuteur.

Tout dépend de l’occasion et de l’interlocuteur, et j’appellerais pareille impermanence « mon » identité ?

Foutaises.

Retour aux fondamentaux : 0,65 O2 + 0,18 C + 0,1 H + 0,3 N + 0,015 Ca + 0,01 P + 0,004 K + des traces d’éléments divers  (je source : http://www.lenntech.fr/francais/data-perio/taux-elements-corps-humain.htm) ; le tout agencé par un jeu erratique de fautes de copies moléculaires pour constituer, un temps infime, une occurrence de matière plus ou moins consciente – plutôt moins que plus, d’ailleurs. Avant de retourner au pourrissement, au grand brassage des cycles minéraux et peut-être, au bout du bout, mais cela n’importe guère, à l’effondrement général dans une singularité de théorie.

Aussi, pareillement se méfier des originalités d’expression, d’habillement, et tatouages. Ne pas revendiquer, ne pas prétendre, ne pas affirmer, ce sera déjà bien. You are not the clothes you wear. Ah, un oubli – car c’était encore la génération X – : aujourd’hui Palaniuk ajouterait sans doute avec sagesse :You’re not your fuckin tatoos*

Ok. Ne pas commencer, du coup, et s’y tenir. Le mantra est bon à prendre.

Mieux – oui, mieux, et le sacrilège ne l’aurait pas dérangé comme il choquera les intellos serviles qui se le veulent approprier une fois par génération – mieux que le fou de Rodez dans ses Suppôts et suppliciations ; une litanie de négations sur n pages pour parvenir à ceci : il n’y a que du corps, du corps et des coups. A quand un remix des frères poussières ? Je n’ai pas d’enfants, non, quelle horreur ; mais si j’avais des triplés, peut-être les aurais-je baptisés Friedrich, Antonin et Tyler**…

………………………………………………………..Doesn’t get any better than this.


* contrairement à ce que tente en vain d’expliquer, pour la plupart, les tatoués de notre connaissance. Insistons pour ceux qui ne savent pas lire : « la plupart », et « de notre connaissance ».

** je plaisante, évidemment. Je ne compte plus le nombre d’artistes ratés et autres intermiteux qui ont affublé leur déchet de matrice de prénoms semblables.