what else ?

bientôt sur vos écrans
bientôt dans les bacs,
c’est juste une question de temps

question_de_temps

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cohérence, hein…

… l’infériorité consubstantielle des idéologies politiques (et partant de toute « idée politique », laissez-moi rire) : offrir ou prétendre offrir une vision « cohérente » du monde.

(Les religions ont la même prétention, avec pas moins de dialectique, je laisse Akaji Maro y revenir dans un instant).

Au rang de ces idéologies, je colle notamment le marxisme et l’imbécilité d’un matérialisme historique qui, pour être ponctuellement opératoire dans la description du ressort économique du rapport de force, n’en a pas moins débilement prétendu réduire le processus historique à la lutte des classes.

ne pas sous-estimer donc le nominalisme comme hygiène intellectuelle. Derrière tout monisme explicatif, toute représentation parfaite du monde, sommeille la stupidité la plus crasse.

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« catho de gauche » : malgré soi, toujours ?

Il y a cette opposition si virulente manifestée par les anarchistes et l’extrême gauche, notamment libertaire, aux religions en général ; au christianisme en particulier.

Je la comprends ; je me l’explique aussi assez bien – et certains dont l’insupportable et jargonneux Marcel Gauchet ont étudié mieux que moi comment l’État moderne s’est construit par une affirmation largement dialectique et paradoxale contre l’autorité traditionnelle de l’Église-catholique-apostolique-et-romaine.

En même temps, elle ne cesse de m’étonner. L’universalisme abstrait qui fonde l’humanisme de gauche s’est construit sur les valeurs chrétiennes. Et la très bien-pensante Kriegel faisant son marché sur les rayons de « la philosophie classique des XVIe-XVIIIe siècles » pour y trouver les fondements de sa Philosophie de la République ne démontrera pas le contraire.

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Métabolisation

Bon ap’

La capacité de métabolistion du système de domination actuel, ou, si l’on veut se donner des airs intellectuels, la façon dont il a endogénéisé la dialectique pour, au moins dans une certaine mesure, annuler l’histoire, ou tenter d’annuler l’histoire (y voir clair entre ces hypothèses n’est pas mon objet ici) en est probablement un des aspects les plus sinistres.

J’ai pris la photo qui précède par amusement et intuition, en ne réalisant ce que j’étais en train de faire qu’ensuite. Ici, la critique du produit culturel standardisé, une fois imprimée et reliée par une maison d’édition qui fait ce que font les entreprises (maximiser la sommes des profits futurs actualisée de leurs actionnaires et/ou maximiser l’égo et la rémunération de ses dirigeants…), livrée depuis une plate-forme logistique à un libraire ou pire à la fédération nationale d’achat des cadres (nausée, mais oui, les jeunes, c’est ce que veut dire fnac), et soigneusement rangée à côté de Priestley, Benjamin, Anders, Debord et Baudrillard devient un produit culturel standardisé parmi les autres.

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« C’est là qu’on se dit… »

L’histoire qui suit est entièrement véridique.
C’était une ville de province – peu importe laquelle. Une ville qui se voudrait et pourrait touristique et a pour cela de beaux appâts ; mais on y croise un nombre terrible d’hommes ravagés par l’alcool, et pour qui commet l’erreur de renoncer au buffet de son hôtel, il est le dimanche matin impossible d’y trouver un café où petit-déjeuner.

Seule exception : la terrasse d’un de ces fast-foods dont l’enseigne ressemble tant à ce clown psychopathe d’un roman de gare. Et ce dimanche-là, les clowns et les psychopathes y abondaient : un des poivrots du quartier venait de haranguer puis d’insulter les consommateurs attablés au soleil quand s’installèrent en nombre de bruyantes sportives. Malheureusement pour moi, la ville avait choisi ce jour pour organiser un rallye quelconque, et la rue piétonne était envahie de gens ridiculement attifés.

Je ne sais pourquoi les européens, qui se vêtent d’ordinaire comme des flaques d’eau, éprouvent le besoin de se déguiser en caricatures de perruches dès qu’ils vont se livrer à une activité physique grégaire et imbécile. Or, leurs tenues, en plus d’être hideuses, ne sont pas pratiques. Si bien qu’entre deux des perruches à dossard s’engagea ce  dialogue édifiant :

– Tu sais à quelle heure ça se termine ?
– Non… ah, j’allais regarder sur Internet, mais habillée comme ça, je n’ai pas pris mon portable.
– Moi non plus. Sans, on se sent tous nus…
– Ouais… C’est là qu’on se dit…

Et là : blanc. Lire la suite

Un éclair de lucidité ?

Si même au parlement, on commence à se dire qu’il y a un problème, qui sait, tout n’est peut-être pas perdu ?

Extrait de l’exposé des motifs d’un amendement d’une poignée de députés corses, dont je crains fort qu’il ne soit pas adopté…

« Sur l’intégralité du territoire français, en 7 ans, les surfaces commerciales ont augmenté de plus de 30 %. « C’est énorme ! c’est deux fois le territoire de la Corse » a constaté récemment le sénateur Pointereau.

Ces centres commerciaux représentent un choix de société prioritairement fondé sur le consumérisme.

Ils détruisent nos paysages, établissent une société de l’anonymat et mettent en danger le tissu économique local.

Face aux intérêts purement financiers, il importe au Parlement d’établir des dispositions législatives visant à restreindre la construction de ces centres commerciaux. »

Prochaine étape étape législative : la destruction planifiée ? Faites de beaux rêves, Mister Niles…

11.11 – mort pour la France

un 11 novembre encore
marche derrière le porte-drapeau, qui n’a pas fait 14 mais l’Atlas,  et selon l’expression malheureusement consacrée, dépôt de gerbe au monument aux morts, lecture par les officiels de la litanie des morts pour la France.

Un des membre du conseil municipal lit la liste sur la face nord du monolithe ; pour chaque nom, l’autre, qui regarde la face sud, ajoute : mort pour la France.

Puis ils inversent. Bizarrement, ils n’ont pas la même la façon de le prononcer. Chez le premier, on comprend : tombé pour la France. Chez le second, cela sonne comme chez les jeunes – c’est mort, laisse tomber ;  comme si la France avait raté un train, une occasion.
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Richesse navajo

« Riche : le désir de posséder est chez les Navajos le pire des maux, pouvant même s »apparenter à la sorcellerie. Citons Alex Etcitty, un Navajo ami de l’auteur {le romancier Tony Hillerman] : « On m’a appris que c’était une chose juste de posséder ce que l’on a. Mais si on commence à avoir trop, cela montre que l’on ne se préoccupe pas des siens comme on le devrait. Si l’on devient riche, c’est que l’on a pris des choses qui appartiennent à d’autres. Prononcer les mots « Navajo riche » revient à dire « eau sèche » ». (Arizona Highways, août 1997) »

Source : Danièle et Pierre Bondil, dans le glossaire qu’ils font figurer à la fin de leurs traduction des romans de Tony Hillerman publiés chez Payot dans la collection Rivages Noir. Par exemple : Tony Hillerman, L’Homme squelette, Paris, Payot, 2008, 289p.

PS : et pour dire combien l’époque corrompt tout ce qu’elle touche : l‘eau sèche, c’est fait…

 

 

 

Même pour les champignons…

Lettre ouverte à Monsieur Boutet

Cher Monsieur,

je viens de tomber sur cet article, qui raconte comment votre carte interactive des recoins à champignons se fait hacker.

Comme vous, je suis un fervent partisan du logiciel libre et du partage de connaissances.

En revanche, si je ne peux cautionner les méthodes de pirate de la personne qui sabote votre carte interactive, je voulais soumettre quelques observations à votre sagacité.

En premier lieu, je suppose que cela ne vous avait échappé, les champignons ont ceci de différent avec les logiciels qu’ils sont en nombre limité. Un logiciel peut être ce que les économistes appellent un bien public, c’est-à-dire faire l’objet d’une utilisation non-rivale et non-exclusive. Je n’approuve guère la jalousie des chercheurs de champignons – eux-mêmes bien souvent braconniers de champignons – mais cette jalousie elle-même montre que le « bien » est rival et exclusif. Lire la suite